13h30, c'est d'abord la taille, l'aéroport me semble petit, puis un ensemble vétuste. Les arrivées donnent généralement le premier sentiment sur un pays, ou une région. L'uniforme des autorités semble mal taillé, les épaulettes de cette fonctionnaire des frontières tombent en avant. Des coups de tampons tombent eux aussi partout sur mon visa. Je ne les avais pas ceux-là! Mon taxi n'est pas là... Je fouille dans mes papiers, le voucher ne m'indique rien de plus. Un type s'approche et sous prétexte d'un badge officiel suspendu à son cou me démarche. Avant qu'un autre n'arrive puis un autre je suis sauvé par l'officiel en retard. Je le suis jusqu'à son véhicule. La double porte de l'aéroport s'ouvre et là un froid que je n'ai jamais ressenti auparavant. J’ai à peine le temps de regarder autour de moi je me hâte vers le taxi, enfile ma valise dans le coffre et m’installe au chaud alors que mes vêtements eux aussi ont besoin de se réchauffer… sur moi…
Au fil de mes déplacements personnels ou professionnels, je raconte quelques paysages quelques gens qui m'ont marqués, ici ou loin, seuls ou à plusieurs mais toujours avec quelque outil pour capter des souvenirs.
lundi 27 janvier 2014
Aéroport Sheremetyevo - Russie
13h30, c'est d'abord la taille, l'aéroport me semble petit, puis un ensemble vétuste. Les arrivées donnent généralement le premier sentiment sur un pays, ou une région. L'uniforme des autorités semble mal taillé, les épaulettes de cette fonctionnaire des frontières tombent en avant. Des coups de tampons tombent eux aussi partout sur mon visa. Je ne les avais pas ceux-là! Mon taxi n'est pas là... Je fouille dans mes papiers, le voucher ne m'indique rien de plus. Un type s'approche et sous prétexte d'un badge officiel suspendu à son cou me démarche. Avant qu'un autre n'arrive puis un autre je suis sauvé par l'officiel en retard. Je le suis jusqu'à son véhicule. La double porte de l'aéroport s'ouvre et là un froid que je n'ai jamais ressenti auparavant. J’ai à peine le temps de regarder autour de moi je me hâte vers le taxi, enfile ma valise dans le coffre et m’installe au chaud alors que mes vêtements eux aussi ont besoin de se réchauffer… sur moi…
vendredi 17 janvier 2014
Tainter lake Winsconsin - United States of America
Kip asks me to pick him up at home. Neighboorhood of Minneapolis; my GPS brings me directly at his frontyard. Those Americans frontyards, all the same, green mowed grass, concrete path, garage and house. All the street looks identical. The snow in Minneapolis enhence a similar landscape. Just a big golden number tells me I am at the good place.
We load his week end belongings in my trunk and then under his command I follow the road. One hour and an half of driving towards tainter lake Wisconsin.
Kip invited me for the overnight by spending a moment in his cabin close to "a" lake...
Ihave never new what a cabin could be; I often heard about a cabane in Canada and wanted to see what a cabin in Winsconsin look like.
Once we left highway i started to drive on snow; I was impressed on how my tyres were good enough to let me drive safe but quick enough.
"here this house on the left"; I park my car in front of his garage and let the snow stops me stacked for a while.
The cabin is actually a house, and not a cabane; I am safe, it is made of wood concrete. While the snow burns the leather of my shoes, I try to walk and stand in a safe place. The house is already warm; Decoration is exactly as expected. Kip's wife use to go in antique malls and shops. "All come from there, all my wife" says Kip proudly. Under some low lights I guess furnitures, carpets hanging on the beams; On the left a dear hunt trophy is hung on the wall saying "Kip 1974". I was three...
"Tainter lake" but where is the lake? Looking at the backyard the lake is a field of snow at this moment, with big 4X4 pick-up truck or snow mobile driving on it; People use to go there, dig an hole and fish. Could not believe of course. My host reassure me, the ice is so thick at this period of the year that anything could be on it. We decided to walk on it. I was excited to walk on a lake. Some stairs enable to get in the water. We walk a bit on it 50 meters fom the shore; The lake has a deep layer of snow, we actually cannot see the ice. The silence was reigning, eventhoug some engines. may be an auger was piercing the ice somewhere.
Suddenly an eagle take of from its tree and silently and majustuously pass over us. Never seen any eagle so close in liberty before.
Back home, kip set up some music outlets and then starts some musics. He went in his room pick a guitar hung on the wall; Kip says he use to play in the navy, this is where he learned guitar. After a short chord tuning he started a song and the moment was magic.Oak was burning in the fireplace, and gin in my veins relaxing my body.
Then we went to this bar, the only bar at 20 km around. A bar made of wood, neons lights, and thats all. When we get in, all people looked at us. All almost drunk. Introduced as the French friend I became the snobish one... Liberty fries went on the game. I have prefered the billiard. Another gin tonic and then we went to drive on the lake by night. Two wheels drive, you know? the two at the front only. Then we got stack in the snow. kip went out and pushed the car. Safe...
In the morning in front of the window, view on trees before the lake. On the tree a good size woodpecker was on duty. On my right Kip felt on duty also to keep his trees alive. He went outside with a gun. The lock of the door was noisy enough to make Woody flying off and the bullet stayed at its place.
On the way back to Minneapolis I listened music in the car wile beeing followed by snow mobiles crossing through the fields. This moment was a cool evening / day.
Thanks Kip.
Once we left highway i started to drive on snow; I was impressed on how my tyres were good enough to let me drive safe but quick enough.
"here this house on the left"; I park my car in front of his garage and let the snow stops me stacked for a while.
Suddenly an eagle take of from its tree and silently and majustuously pass over us. Never seen any eagle so close in liberty before.
Back home, kip set up some music outlets and then starts some musics. He went in his room pick a guitar hung on the wall; Kip says he use to play in the navy, this is where he learned guitar. After a short chord tuning he started a song and the moment was magic.Oak was burning in the fireplace, and gin in my veins relaxing my body.
Then we went to this bar, the only bar at 20 km around. A bar made of wood, neons lights, and thats all. When we get in, all people looked at us. All almost drunk. Introduced as the French friend I became the snobish one... Liberty fries went on the game. I have prefered the billiard. Another gin tonic and then we went to drive on the lake by night. Two wheels drive, you know? the two at the front only. Then we got stack in the snow. kip went out and pushed the car. Safe...
In the morning in front of the window, view on trees before the lake. On the tree a good size woodpecker was on duty. On my right Kip felt on duty also to keep his trees alive. He went outside with a gun. The lock of the door was noisy enough to make Woody flying off and the bullet stayed at its place.
Thanks Kip.
samedi 13 avril 2013
Le Cap - Afrique du Sud
Depuis toujours plongé dans les lectures des grandes
découvertes, la Cap a pour moi une signification toute autre que la ville
balnéaire d’Afrique du Sud. Il s’agit bien sur du Cap de Bonne Espérance celui
que les portugais attendaient de passer pour enfin remonter l’Afrique et commercer
avec l’Inde.
Je décide de prendre le Cable Car pour y monter. Mon taxi m’emmène
au pied du téléphérique. La montée est impressionnante, nous sommes vite sur la
falaise, j’ai l’impression que nous la léchons. La ville en bas dense et
peuplée, ici tout est préservé. J’évite la boutique de souvenir et commence ma promenade
le long de bord protégé. Les sentiers
sont bétonnés, il est interdit de ramasser des pierres. J’ai eu beau cherche je
n’en ai trouvé aucune.
Je fais ensuite quelques pas vers le sud je suis soigneusement le sentier et plonge mon regard vers la péninsule. Un amas de roche striée semble s'étendre à perte de vue. Le Cap de Bonne Espérance est encore loin. C'est simplement magnifique.
vendredi 12 avril 2013
L'afrikaners - Afrique du Sud
L’histoire ne sert à rien qu’a permettre de comprendre le présent. J’aime beaucoup compléter une pièce du puzzle social des populations et leurs flux migratoires.
Assez grand, pas moins d’1m85, corpulent, un ventre rebondi et forcément démesuré, le visage buriné, les cheveux courts, dégarnis. Une moustache large mais taillée. Une démarche lourde, sa tenue vestimentaire est la même, chemise à carreaux ou bien unie, couleur terre, pantalon de toile presque à la maille grossière mal taillé pour ce corps , des chaussures larges sans raffinement. Il semblerait qu’il s’agisse là de signes distinctifs et ostentatoires. Peut être. Voici le fermier, l’entrepreneur agricole, le l’homme des champs, très peu l’homme des villes. Voici l’afrikaner. Il est blanc parfois un métissage se devine. Il parle Afrikaan, il le parle évidemment fort, comme s’il était chez lui plus que quiconque. Lorsqu’il parle anglais c’est avec un accent africain, celui des zoulous, ceux qu’ils ont côtoyé avant l’arrivée des anglais. Ce personnage force le respect, celui issu du travail de la terre, celui du combat pour une culture et un territoire. Ce bourgeois, ce Boer, ne semble pas s’être mélangé, en tous cas peu avec les populations natives encore moins avec les anglais.
La Hollande a fourni ses travailleurs à l’Afrique du Sud comme l’Europe a crée ses fermiers dans le Middle West des Etats Unis.
La Hollande a fourni ses travailleurs à l’Afrique du Sud comme l’Europe a crée ses fermiers dans le Middle West des Etats Unis.
mercredi 10 avril 2013
Parc Pilanesberg - Afrique du Sud
10 avril 2013, proche du complexe touristique de Sun City, je decide de faire un tour dans le Pilanesberg National Park. Encore une fois seul mon téléphone fera l'affaire. Je m'attends à voir des lions des girafes, des rhinocéros, le groupe du "big five" vedettes des Parcs Africains.
dimanche 17 avril 2011
Strela - Italie
C'est le nom d'un village qui résonnait quelques fois à mes oreilles. Mon grand père m'en parlait de temps en temps lorsque nous évoquions ses parents, ses grands parents.
Une fois le virus de retrouver mes ancêtres dans le sang, je me suis mis à chercher mes ancêtres et mes cousins brefs tous ceux qui pouvaient me parler de la famille italienne. Selon la légende Giovanni voulait se marier avec Palmyra. Le père n'a accepté le mariage que lorsque Giovanni aurait assez d'argent. Il serait donc parti à Lens à pied depuis les monts Appenins, retrouvé un oncle ou un cousin. Il a exercé là le métier de commerçant, marchand de chaussure et bonneterie, comme beaucoup d'Italiens.
Rentré au village il a pu se marrier avec Palmyra, et retourner habiter Lens, ensemble. Leurs deux fils sont également nés à Strela. Mon Grand-Père me racontait que qu'une tradition voulait que les enfants naissent en Italie.J'ai donc un jour décidé d'aller dans ce village, parler, poser des questions, voir...
Pour ne pas m'engager dans le hors-sujet de ce blog, je raconte ici mon voyage à Strela et limite mes propos sur mes ancêtres.
J'ai là bas retrouvé une cousine, qui m'a aidé dans mes recherches. je demande à Maryse de me faire rencontrer la personne la plus âgée du village. Nous allons voir Ludovico...

Ludovico a 90 ans. C'est parce qu'il est le plus vieux du village que j'ai voulu le rencontrer. J'espère trouver chez cet ancêtre, la mémoire vivante des miens. Il nous reçoit chez lui. Les volets sont fermés, le mobilier néo rustique renforce l'obscurité. C'est dans la cuisine que nous sommes reçus. Je suis certain qu'il doit connaitre un Moglia émigré en France. On lui pose une question, une seule suffit. Il ne sait rien... Trop jeune pour avoir connu les Moglia partis pour Lens. Il a bien entendu parler d’Amedeo mon arrière Grand Père mais nous répète sans cesse que seul son père le connaissait. Toutes mes rencontres à Strela ont eu lieu dans une cuisine. Autour d'une table. Le salon ne doit servir que pour les grandes occasions. Ludovico est assis dans un fauteuil. Sourd il demande à Maryse de répéter quasiment toutes ses phrases et Maryse dans un nouvel effort, et dans son accent français répète toutes ses phrases. Sur le même sujet. Ludovico cherche mais en vain, ma famille est partie depuis trop longtemps. Je comprends dans ses gestes, sur son visage, qu'il s'excuse presque de ne pouvoir m'en dire plus. Alors il se lève, utilise toutes ses forces et courbé traverse la cuisine, va au salon et ramène devant nous un arbre généalogique. Voilà, lui aussi a retracé ses ancêtres. Ici à Strela trois à quatre noms de famille, pas plus. Moglia, Feci, Dallara, Emanuelli. On imagine des clans, des histoires de famille et de la consanguinité bien sûr. Je lui demande si je peux faire une photo de ses recherches, il en est ravi.
On décide de sortir dans le jardin et là, certainement depuis soixante-dix années, il doit refaire les mêmes gestes, il doit montrer les mêmes lieux. Il pointe un endroit très précis. "Là". Maryse me traduit en simultané mais bientôt je n'aurai plus besoin de ce truchement, les signes parlent d'eux même, le visage exprime ce qui doit être compris. A l’âge de 18 ans les allemands sont entrés dans Strela. Il avait la barbe, hors de question de se faire passer pour un enfant. Alors il se cache "Là" près d'un arbre ce qui autrefois était un potager avec des plants de haricots. Il se cache là toute la journée et entends des enfants qui disent aux Allemands qu'il est partis dans la forêt. Il est sauf. Il ne sortira de sa cachette que lorsqu'il entendra sa mère crier. Et sa mère criera le soir en voyant son mari mort, fusillé. Fusillé à vingt mètre de son fils caché, impuissant terré immobile. Ludovico a 90 ans et les larmes ont du mal à sortir comme s'il avait dû trop pleurer sur ce drame. Je devine des yeux humides. Une grande humilité m'envahit et je n'ose regarder Maryse qui doit ressentir la même chose. Mais ce beau vieillard courbé sur sa canne nous renvoie naturellement à nos occupations de jeunes, de moins vieux en tous cas. Il ne dédramatise pas, pour lui aujourd'hui ce n'est peut-être plus un drame, cette histoire c'est toute sa vie. Il dit à Maryse qu'il est content de m'avoir rencontré, et que s'il me tutoie c'est par respect.
Une fois le virus de retrouver mes ancêtres dans le sang, je me suis mis à chercher mes ancêtres et mes cousins brefs tous ceux qui pouvaient me parler de la famille italienne. Selon la légende Giovanni voulait se marier avec Palmyra. Le père n'a accepté le mariage que lorsque Giovanni aurait assez d'argent. Il serait donc parti à Lens à pied depuis les monts Appenins, retrouvé un oncle ou un cousin. Il a exercé là le métier de commerçant, marchand de chaussure et bonneterie, comme beaucoup d'Italiens.
Rentré au village il a pu se marrier avec Palmyra, et retourner habiter Lens, ensemble. Leurs deux fils sont également nés à Strela. Mon Grand-Père me racontait que qu'une tradition voulait que les enfants naissent en Italie.J'ai donc un jour décidé d'aller dans ce village, parler, poser des questions, voir...Pour ne pas m'engager dans le hors-sujet de ce blog, je raconte ici mon voyage à Strela et limite mes propos sur mes ancêtres.
J'ai là bas retrouvé une cousine, qui m'a aidé dans mes recherches. je demande à Maryse de me faire rencontrer la personne la plus âgée du village. Nous allons voir Ludovico...
Ludovico a 90 ans. C'est parce qu'il est le plus vieux du village que j'ai voulu le rencontrer. J'espère trouver chez cet ancêtre, la mémoire vivante des miens. Il nous reçoit chez lui. Les volets sont fermés, le mobilier néo rustique renforce l'obscurité. C'est dans la cuisine que nous sommes reçus. Je suis certain qu'il doit connaitre un Moglia émigré en France. On lui pose une question, une seule suffit. Il ne sait rien... Trop jeune pour avoir connu les Moglia partis pour Lens. Il a bien entendu parler d’Amedeo mon arrière Grand Père mais nous répète sans cesse que seul son père le connaissait. Toutes mes rencontres à Strela ont eu lieu dans une cuisine. Autour d'une table. Le salon ne doit servir que pour les grandes occasions. Ludovico est assis dans un fauteuil. Sourd il demande à Maryse de répéter quasiment toutes ses phrases et Maryse dans un nouvel effort, et dans son accent français répète toutes ses phrases. Sur le même sujet. Ludovico cherche mais en vain, ma famille est partie depuis trop longtemps. Je comprends dans ses gestes, sur son visage, qu'il s'excuse presque de ne pouvoir m'en dire plus. Alors il se lève, utilise toutes ses forces et courbé traverse la cuisine, va au salon et ramène devant nous un arbre généalogique. Voilà, lui aussi a retracé ses ancêtres. Ici à Strela trois à quatre noms de famille, pas plus. Moglia, Feci, Dallara, Emanuelli. On imagine des clans, des histoires de famille et de la consanguinité bien sûr. Je lui demande si je peux faire une photo de ses recherches, il en est ravi.
On décide de sortir dans le jardin et là, certainement depuis soixante-dix années, il doit refaire les mêmes gestes, il doit montrer les mêmes lieux. Il pointe un endroit très précis. "Là". Maryse me traduit en simultané mais bientôt je n'aurai plus besoin de ce truchement, les signes parlent d'eux même, le visage exprime ce qui doit être compris. A l’âge de 18 ans les allemands sont entrés dans Strela. Il avait la barbe, hors de question de se faire passer pour un enfant. Alors il se cache "Là" près d'un arbre ce qui autrefois était un potager avec des plants de haricots. Il se cache là toute la journée et entends des enfants qui disent aux Allemands qu'il est partis dans la forêt. Il est sauf. Il ne sortira de sa cachette que lorsqu'il entendra sa mère crier. Et sa mère criera le soir en voyant son mari mort, fusillé. Fusillé à vingt mètre de son fils caché, impuissant terré immobile. Ludovico a 90 ans et les larmes ont du mal à sortir comme s'il avait dû trop pleurer sur ce drame. Je devine des yeux humides. Une grande humilité m'envahit et je n'ose regarder Maryse qui doit ressentir la même chose. Mais ce beau vieillard courbé sur sa canne nous renvoie naturellement à nos occupations de jeunes, de moins vieux en tous cas. Il ne dédramatise pas, pour lui aujourd'hui ce n'est peut-être plus un drame, cette histoire c'est toute sa vie. Il dit à Maryse qu'il est content de m'avoir rencontré, et que s'il me tutoie c'est par respect. dimanche 23 mai 2010
Meeting Aérien de la Ferté Alais 2010
C’est un meeting exceptionnel, pas seulement pour la qualité des machines en vol, et au sol mais surtout par le sentiment qu’il a laissé à tous, spectateurs, organisateurs, pilotes et mécaniciens. Quatre jours pendant lesquels des bénévoles qui travaillent toutes l’année à restaurer, entretenir, reconstruire leurs avions ont vu leurs efforts récompensés.
Et s’il fallait attendre jusqu’à deux heures avant d’arriver sur le plateau de Cerny, le jeu en valait la chandelle.
Sous un soleil intense de la Ferté Alais, sous les commentaires du poète Chabbert , sous le métal hurlant des warbird et la postcombustion du Rafale, une nouvelle fois l’histoire de l’aviation a passé devant nos yeux.Comme toujours, le Bleriot XI, qui a débuté les démonstrations, nous a rappelé la fragilité des machines des débuts de l’aviation. Devant nous un assemblage de bois, de toile et un moteur centenaire qui résonne la passion de ses mécaniciens. 15 nœuds au sol et le voilà aux prises avec le vent, quelle fragilité, mais quelle grâce, quelle allure, l’homme aux commandes ne faisant que corriger les caprices d’une physique balbutiante. Le pilotage se transforme en danse, cette lutte devient une chorégraphie et l’histoire racontée est celle de l’homme impétueux. Merci monsieur l’aviateur, merci messieurs les avionneurs !
Si la suite du meeting est ponctuée de démonstrations de voltige toujours impressionnantes, c’est le thème militaire qui est à l’honneur cette année. Difficile de faire différemment quand on sait ce que l’effort de guerre a apporté aux progrès de l’aviation… Un trio de triplan Fokker DR1 vole en formation à haute altitude, puis le contraste devient saisissant. Deux Super Etendard accompagnés par deux rafales et un AWACS passent à basse altitude, les voilures en flèches côtoient le dernier né des usines Dassault. Au milieu de ce tableau des marins de l’air trône le Gruman Avenger flanqué d’une cocarde de la Royale, il rappelle que l’Aéronavale française fête fièrement ses 100 ans cette année. Sept tonnes soulevées par un moteur en étoile de 1900 cv… Quand le son se transforme en bruit et le bruit associé à ce poisson au gros ventre ne fait qu’illustrer un hurlement de soupapes et d’explosion. Les tôles semblent vibrer pour nous faire peur. Mais une fois posé, cet avion trop lourd fait place à ses congénères sur le parking en repliant ses ailles contre son fuselage, comme si la politesse valait place et humilité sur le porte avion de la Ferté Alais.Pendant ce temps d’autres bruits, peut être plus mélodieux, se font entendre. Les « Merlin » Rolls-Royce qui équipent les avions tout aussi britanniques, Hawker Hurricane et Spitfire résonnent en défilant le long du taxiway.
Soixante dix ans plus tôt ils devaient écrire la Glorieuse Bataille d’Angleterre. Même si un seul Hurricane a réellement participé à cette épopée, le moment est complet. Un ballet s’opère alors devant nous, plus pacifiste que belliqueux, un Fockewolf 190 et Messerschmitt FE 109 prennent en chasse les avions de Churchill. Anna Walker la seule femme européenne à piloter un warbird exécute des tours de souplesse acrobatique. Si on a le sentiment de voir défiler des modèles réduits, au sol ces avions sont majestueux. Epurés, toutes les lignes sont courbes, rien d’agressif, rien de militaire, seul le camouflage nous rappelle à leur destination. Et soudain on imagine des gosses de vingt ans, de Cambridge ou d’Oxford aux commandes de ces armes au milieu de la Manche contre les chasseurs et bombardiers allemands. Pour avoir sauvé l’Angleterre, ces Spitfire ont été décrétés par Margarett Tatcher, « Propriété Inaliénable de la Couronne Britannique".
D’autres tableaux se succèdent, les T6 Texans, puis les Yak les avions de l’escadrille Normandie- Niémen. Mais c’est sur la puissance du Skyraider qu’il faut s’arrêter, à peine au point fixe, il semble déjà revenir de mission, des trainées huile perdue le long du fuselage épousent l’écoulement de l’air au niveau des ailes. Ses ailes dépliées, cette autre machine des porte-avions américains au Viet-Nam donne toute sa puissance au décollage. Il s’élance en plein vacarme pour une mission pourtant très pacifique sur le plateau de Cerny. 18 cylindres développent 2700 CV, nous atteignons là le concept de « métal hurlant ».Un ballet de trois planeurs prend le relai et nous rappelle la majesté du vol sans moteur avec simplement le son de l’air sur les ailes. Equipés de fumigènes, les formations de voltiges sont démesurées, quel contraste ! Les figures réalisées sont et en parfaite synchronisation pour ces rois de la physique. Seule la musique des haut-parleurs berce ce trio.
Une fois au sol, la direction des vols nous propose de mettre toutes les machines de la deuxième GM en l’air, chasseurs et bombardiers volent en formation par équipe ou par nation. Le North American B-25 avance lentement avec la maladresse d’un animal sorti de son élément, c’est désormais 15 tonnes qui se déplacent sur trois pieds presque trop frêles. Certainement plus habitué du béton que l’herbe du plateau. Cependant ce bimoteur a quelque chose de gracieux avec ses deux dérives et son camouflage clair. Flanqué de sa sexy Pin-up et de ses croix de victoires le soleil nous renvoie des reflets presque trop neufs.Le ballet des chasseurs et bombardiers se poursuit. Une attention toute particulière doit être portée sur peut-être le plus attendu, le plus gracieux, le plus beau des chasseurs américains, le P 51 Mustang. Un moteur Merlin dans le ventre il a l’allure d’un hippocampe. Ce renflement au ventre est harmonieusement balancé par sa bulle en verre qui vaut cockpit. Un fuselage acier, une décoration à damier rouge et jaune sur le capot moteur, ce chasseur de la deuxième guerre mondiale évoque la furtivité des forces américaines. Comme un poisson argenté il n’est visible que lorsque le soleil et le pilote s’accordent à nous renvoyer un écho lumineux. On le suit des yeux, une boucle puis une descente en piqué, son sifflement se fait entendre, cinq seconde d’une réalité saisissante, et cette réalité nous rattrape, c’est bien une arme que nous suivons des yeux.
17h00 ; cela fait quatre heures que des aéronefs se succèdent, évoquant les prouesses, les techniques, les conflits, les transports.Le meeting semble terminé, les premiers flots de familles repartent à l’assaut du parking mais venu de nulle part le Rafale de l’Armée de l’Air passe à basse altitude au dessus de la piste. Un deux trois, soleil ! Et la foule déjà éparse se fige, les yeux au ciel seule la tête semble bouger. Le dernier Golgoth se prépare à nous en mettre plein la vue et les oreilles. Le spectacle est complet.
Un virage au dessus de la foule, les deux tuyères rougies crachent les flammes de la postcombustion, le bruit est terrible, il ajoute au profil élégant et menaçant de ce chasseur. Ce n’est plus l’aviation qui nous hante alors, c’est la guerre. Si certains fanatiques cachés dans les montagnes afghanes sont décidés à faire plus de bruit que le Rafale, il a quelque chose de rassurant, de protecteur. Après quelques évolutions cet oiseau d’un autre âge se met en vol lent. Pendant quinze secondes il se met à parler. Le pilote essoufflé donne un peu d’humanité aux 15 tonnes de matériaux composites. Puis c’est un nouveau passage bas sur le dos en guise de salut.
120 avions au sol, 90 en évolution, quatre heures trente de spectacle et de soleil, entre les sandwiches la bière et les dédicaces. La manifestation se termine. 40000 enfants de tous les âges ont traversé un siècle d’aviation. Décidément le meeting de la Ferté Alais a inventé la machine à remonter le temps. Merci !
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